Le QI GONG     

                                                               

 

 

Rédacteur Michel Brandily - décembre 2020                                 

En préalable

 

Cet exposé a pour finalité d’appréhender, de mon humble point de vue, la conception du QI GONG afin de permettre la découverte et /ou l’approfondissement de cette pratique. Il est préférable de le lire selon ses besoins et en fonction du niveau de sa pratique ou bien de le consulter « par touche », pour une meilleure compréhension d’un terme par exemple.

Cette vision demeure sans doute partielle et incomplète, néanmoins elle s’appuie sur un ensemble de lectures et sur une expérience de plus de trente ans de pratiques diverses (ateliers Yoga, Méditation, relaxation, formation en musicothérapie et pratiques taoïstes, pratiques du Tai chi chuan et QI GONG renforcées lors de stages auprès de plusieurs maîtres et animateurs de groupes inspirés de ces pratiques).

La présentation

  • Les origines

 

Le QI GONG est issu de la culture chinoise notamment des courants philosophiques et pratiques du Taoïsme (reposant sur les principes du Yin/Yang et de la théorie des 5 éléments) ; du Confucianisme (accession à l’harmonie intérieure et avec son environnement social) et du Bouddhisme chan (méditation, recherche de l’illumination intérieure). Il s’est ainsi enrichi de ces 3 approches interpénétrées afin de parvenir à des enseignements très diversifiés.   

Le QI GONG traduit littéralement par « le travail énergétique » se définit comme « l’art de maîtriser ces énergies pour les équilibrer ». C’est un ensemble d’exercices spécialisés dans le développement de la circulation du QI (parfois écrit et prononcé CHI), en général, à des fins thérapeutiques (maintien ou rétablissement de la santé) ou martiales (améliorer le niveau martial interne).

 Le QI GONG combine une action associée de l’esprit et du corps. Il est pratiqué dans des écoles diverses de QI GONG et également par les arts martiaux internes comme le Tai Chi Chuan, le Bagua, le Liu He Ba Fa …

La pratique comprend la régulation du corps (mouvements harmonieux doux et lents), de l’esprit (l’intention et la mentalisation), de la respiration (bouddhiste ou taoïste) et selon les écoles par des visualisations notamment sur la circulation du QI dans le corps comme la petite circulation (ou révolution) ou la grande circulation. 

Certains auteurs ont classé le QI GONG en 4 catégories majeures, en fonction de l’objectif visé :

  • Le maintien de la santé (la prévention et la longévité)

  • La guérison des maladies (le traitement)   

  • Les arts martiaux (renforcement du QI et de son expansion)

  • La méditation (l’illumination ou l’état de Bouddha) 

 

  • La vision du QI

 

Le QI ou CHI représente l’énergie ou une force naturelle qui remplit l’univers. En résumé, il existe trois types essentiels de QI en interaction :

  • Le ciel : le QI est fait des forces émises par des entités célestes comme le soleil, la lune, ayant une influence sur la terre.

  • La terre : le QI est constitué de lignes, de schémas d’énergie, de champs magnétiques et ces énergies doivent s’équilibrer entre elles afin d’éviter des dysfonctionnements (catastrophes naturelles). Le QI de la terre interagit avec l’homme.

  • L’homme : le QI est « l’énergie intérieure qui circule dans notre corps et l’imprègne entièrement ». Pour schématiser, cette énergie est composée de trois parties : le JING (le corps physique, les tissus et le sang la matière au sens large du terme) le QI (énergie intérieure qui anime et active toutes les fonctions vitales) et le SHEN (l’énergie mentale et spirituelle). 

 

L’homme ne sent pas directement le QI mais peut en ressentir la présence par la réaction de son corps à celui-ci : chaleur et/ou fourmillements.

 Selon les approches médicales occidentales et chinoises, il est décrit 2 circulations dans le corps :

  • La circulation sanguine 

  • La circulation de l’énergie interne (le QI) se résume à 12 méridiens (comme des rivières distribuant le QI partout dans le corps et qui relient les extrémités : doigts /orteils aux 5 organes internes) et à 8 vaisseaux (qui fonctionnent comme des réservoirs et régulent la distribution et la circulation du QI dans le corps) dont 2 sont particulièrement importants :

    •  Le vaisseau gouverneur (Dumai) ; canal de contrôle qui règle surtout le flux du QI dans les méridiens YANG : il naît du point « Hui Yin » (entre l’anus et les organes génitaux) puis remonte le long de la colonne vertébrale en passant par le centre « Bai Hui » (sommet du crâne ; considéré comme la porte qui fait communiquer le QI avec celui du ciel) et finit son trajet au palais (à l’intérieur de la gencive supérieure).

    •  Le vaisseau conception (Renmai) ; canal de fonction qui régule la circulation du QI dans les méridiens YIN : il prend naissance au Tan tien inférieur et descend le long de la partie antérieure et centrale du tronc jusqu’au centre « Hui Yin » d’où part le vaisseau gouverneur. Son extrémité supérieure est située à partir de la langue d’où il redescend jusqu’au Tan tien inférieur.    

Concernant la circulation du QI dans le corps, il est possible de créer un flux de QI à la fois de l’extérieur ou de l’intérieur :

  • Pour l’extérieur, plusieurs techniques sont utilisées : une tension des muscles et des tendons en l’absence de respiration pour ensuite diffuser dans tout le corps ; soit par des massages ; par les points d’acupunctures …   

  • Pour l’intérieur, le QI circule sans interruption dans le corps de l’homme et cette circulation peut être régulée, accrue et dirigée par la pensée (l’intention) selon plusieurs techniques.

Par ailleurs, le QI est produit et s’accumule dans les 3 centres énergétiques (foyers) appelés Tan tien :

  • Le Tan tien inférieur (lieu d’accumulation du QI /transformation de la vitalité JING en énergie) : appelé champ du cinabre ou encore champ des médicaments ou bien centre d’auto guérison est situé deux ou trois doigts sous le nombril et considéré comme le plus important, son énergie pouvant nourrir tout le corps.

  •  Le Tan tien moyen (recueil du QI/ vibrations mentales et émotionnelles de l’énergie) : le champ des émotions situé au niveau du plexus solaire.

  • Le Tan tien supérieur (décision / lieu de transformation de la conscience et de la contemplation) : le champ du mental (SHEN) situé au milieu du front entre les deux sourcils (le 3ème œil).

 

 

 

Dans la médecine chinoise traditionnelle, la pratique se fait souvent en associant ces 3 centres énergétiques et le corps pour améliorer et réguler la circulation du QI. Ainsi le QI GONG taoïste a pour fonction primordiale de :

  • Nettoyer l’énergie de ses impuretés

  • Accumuler l’énergie vitale (dans les 3 foyers)

  • Distribuer l’énergie vitale (dans les 3 foyers)

  • Transformer les énergies entre elles (JING / QI / SHEN) 

Un travail de concentration est souvent réalisé sur le Tan tien inférieur pour ensuite guider le QI dans tout le corps.

Cependant, il est rappelé l’importance de pratiquer la petite et la grande circulation du QI avant de s’exercer aux autres techniques :

  • Petite circulation : La petite circulation a pour but de faire circuler l'énergie dans les méridiens Conception et Gouverneur situés respectivement sur l'axe médian antérieur et postérieur. Il s'agit d'une technique statique d'origine taoïste qui se pratique après avoir capté et emmagasiné de l'énergie dans le Tan tien inférieur.

L’entraînement consiste à se concentrer sur le Tan tien inférieur puis sentir une onde de chaleur qui suit le vaisseau conception (renmai) jusqu’au point Hui Yin pour suivre le trajet du vaisseau gouverneur et redescendre par le vaisseau conception au niveau de la bouche et établir le contact entre les 2 vaisseaux afin de permettre une circulation continue du QI. Pour ce faire, il suffit que la pointe de la langue touche le palais. La petite circulation est utilisée dans les exercices de méditation et dans certains types de QI GONG méditatifs.

 

Le circuit en image :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

  • Grande circulation : c’est le même travail que la petite circulation en intégrant la circulation du QI le long des membres par la force de la pensée. Il est décrit plusieurs méthodes avec la respiration et le sens de la circulation du QI. Parmi celles-ci, la circulation avec le QI du ciel et de la terre est intéressante en combinant avec les 2 points situés au milieu de chaque paume (Laogong) et les 2 points dans les plantes de pied (Yong Quan).

 

La circulation du QI pour l’homme est en principe équilibrée par cette dynamique de régulation entre les méridiens, les vaisseaux et les organes ; toutefois le flux du QI peut être perturbé par l’esprit, le climat, l’environnement, l’heure de la journée, la nourriture, l’humeur du moment.

L’absence ou le retard d’autorégulation du flux du QI va induire un dysfonctionnement et donc des troubles voire l’apparition d’une maladie. Dans cette situation, le QI de la personne risque de devenir trop positif (en excès, Yang) ou trop négatif (déficient, Yin) et nécessitera des soins (en médecine chinoise traditionnelle : pharmacopée par les plantes /acupuncture/QI GONG)

  • Les théories et principes

 

La notion du QI repose sur deux théories également associées qui sont les soubassements de la pratique du QI GONG et du TAI CHI CHUAN :

  • Le principe du YIN/YANG :

 

Antérieur aux courants philosophiques chinois, le principe Yin/Yang est une hypothèse pour expliquer l’origine de l’univers : au début, l’univers est sans différenciation puis deux pôles se créent, de sens opposé, considérés comme les principes fondamentaux de l’univers

Les exemples de dualité sont nombreux : 

  • YIN :      la féminité, l’obscurité, la lune, le négatif ; ce qui est vide …

  • YANG : la masculinité, la lumière, le soleil, le positif ; ce qui est plein …   

 

Le principe Yin/Yang représente ainsi le fonctionnement de l’univers selon deux forces opposées : le ciel et la terre mais complémentaires et qui définissent toute chose.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

                    

En effet, ces deux forces sont interdépendantes, leur union est créatrice et forme un ensemble équilibré.

L’équilibre doit toujours être recherché afin d’éviter les dysfonctionnements pour la terre mais aussi pour l’homme.

 

 

  • La théorie des 5 éléments :

 

Celle-ci découle du principe du Yin et du Yang, c’est-à-dire de l’interaction de ces 2 grandes puissances de l’univers : le ciel et la terre.

La théorie des 5 éléments est une proposition de la compréhension de monde :

Ces 5 éléments représentent 5 principes interdépendants qui constituent tout ce qui est dans l’univers : le Bois, le Feu, la Terre, l’eau et le Métal.

Plusieurs tableaux de correspondances ont été définis avec quelques différences selon les auteurs et les transcriptions.

Exemple :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En médecine chinoise, cette théorie permet d’étudier l’organisme et le fonctionnement de l’homme, les rapports entre les différentes parties du corps selon l’élaboration des correspondances et de leurs interactions 

 

De ce fait il est possible de diagnostiquer les dysfonctionnements et de proposer des traitements adaptés afin de retrouver l’équilibre entre les 5 organes ou fonctions de l’homme à travers les cycles et leurs interactions :

Les 2 cycles de base sont :

  • Le cycle d’engendrement (relation de génération) : le bois (mère du feu) engendre le feu (mère de la terre) qui engendre la terre (mère du métal) qui engendre le métal (mère de l’eau) qui engendre l’eau (mère du bois)

 

  • Le cycle de domination (relation de domination) : le bois (grand-mère de la terre) contrôle la terre (grand-mère de l’eau) qui contrôle l’eau (grand-mère du feu) qui contrôle le feu (grand-mère du métal) qui contrôle le métal (grand-mère du bois) qui contrôle le bois.

 

  

 

 

La théorie des 5 éléments, dans le cadre de la médecine chinoise traditionnelle, permet de traiter les déséquilibres en rétablissant les cycles normaux d’engendrement et contrôle en lien également avec les méridiens et les points d’acupuncture (permettant de retrouver l’équilibre par la dispersion ou la tonification)

Par exemple :

  • L’élément Métal, engendré par la Terre, engendre l’eau ; donc pour l’élément Métal : la terre est considérée comme tonifiant et l’eau comme dispersant. Selon l’état de l’élément Métal (trop plein ou vide) il sera proposé les actions en conséquence (dispersion ou tonification) et divers traitements pourront être envisagés (points d’acupuncture / méridiens : chaque organe a un méridien principal ; diététique ; pharmacopée ; QI Gong …)

 

Les exercices de QI GONG

   

  • Les buts principaux du QI GONG

 

Dans la médecine chinoise traditionnelle, il est important de maintenir une circulation du QI harmonieuse dans le corps, ainsi de nombreux types d’exercices de QI GONG ont été créés dans ce but.

Les 4 catégories de QI GONG (santé / guérison des maladies / art martial / méditation) s'appuient sur un ensemble de techniques associées et complémentaires (soit statiques avec mouvements du corps ou pas, soit dynamiques avec mouvements du corps et mentalisation simple ou concentration sur la circulation du QI voire visualisation en lien avec les 5 éléments et ces pratiques peuvent être associées à des sons, des musiques ou autres …)

La pratique commune du QI GONG concerne plus particulièrement le QI GONG de la prévention de la santé et le QI GONG des arts martiaux internes. En effet les QI GONG de guérison doivent être pratiqués suite à la prescription d’un professionnel diplômé en médecine chinoise traditionnelle et les QI GONG de méditation vers l’illumination sont à pratiquer avec l’accompagnement d’un maître reconnu.

Dans le cadre du QI GONG de la prévention de la santé et des arts martiaux, il peut être proposé 2 types d’exercices parfois associés :

  • Le QI GONG « Wai Dan » (élixir externe) : (principalement physique (relâchements répétitifs des membres associés à des sons parfois) /cumul du QI dans les membres pour mieux s’écouler dans les organes).

Le but est de fortifier, d’harmoniser la circulation et le flux du QI dans les organes, les méridiens et les vaisseaux afin de maintenir l’équilibre du QI dans le corps.

Pour cela, il suffit de concentrer son attention sur ses membres et sur les mouvements à accomplir ce qui permet d’y cumuler du QI jusqu’à atteindre un niveau suffisant pour que celui-ci s’écoule dans les méridiens afin d’aller nourrir les organes.

Il existe de nombreux enchaînements de QI GONG Wai Dan dont les plus connus sont : les 8 pièces de brocart, la marche des 5 animaux, les mille mains sacrées, …

 

  • Le QI GONG « Nei Dan » (élixir interne) : (d’abord mental : concentration sur la circulation du QI, sur les Tan tien et générer du QI au niveau du tronc puis le diffuser dans les membres).

Le but consiste à emmagasiner du QI au centre du corps pour le diriger vers les membres et équilibrer la circulation du QI et les organes. Plusieurs enchaînements sont proposés dont un des plus connus est la posture de l’arbre

 

Cette approche permet de préciser les types de QI GONG.

Exemples :

  • Le Qi GONG santé et prévention : 

 

  •  QI GONG (externe) : les mille mains sacrées, les 8 pièces de brocart, les 5 animaux, l’exercice pour nourrir l’intérieur, permettent en particulier la régulation du QI.

  •  QI GONG (interne) : la posture de l’arbre (travail sur le lâcher prise), les 5 animaux (mentalisation sur la circulation du QI notamment dans les 3 Tan tien), le QI GONG sur les 3 Tan tien, les six sons sacrés (sur l’équilibre du QI et des organes en associant les mouvements, les sons, la mentalisation couleur de chaque organe)

 

 

  • Le Qi GONG art martial :

  •  QI GONG (externe) : les 8 pièces de brocart (échauffement et renforcement des tendons et des muscles).

Les 5 animaux , les QIGONG du style Chen, du style Liu He Bafa axés sur la respiration et les mouvements.

  • QI GONG (interne) :

La posture de l’arbre les QI GONG du style Chen, du style Liu He Bafa avec les mentalisations sur les Tan tien et la circulation du QI vers les extrémités.

Dans la multitude de pratiques actuelles, il apparaît que certains exercices associent plusieurs buts et techniques internes et externes en associant en particulier la théorie des 5 éléments.

Par ailleurs, la précision sur le type de QI GONG n’exclut pas que chaque forme de QI GONG s’appuie sur des buts et théories bien définies et de ce fait l’entraînement doit impérativement intégrer la mentalisation, les liens avec le corps, la circulation du QI et des organes internes.

 

 

  • L’entraînement au QI GONG   

 

L’entraînement au QI GONG comporte en général cinq repères (critères)

importants qui sont les bases de la réussite de toute pratique.

Pour simplifier il sera retenu 4 critères (en associant le YI et SHEN

dans le critère « mental et esprit ») :  

  • Réguler le corps (centré/équilibré/détendu/enraciné) :

 

  • La  relaxation : il faut être mentalement relaxé pour détendre les muscles, permettre d’avoir les méridiens ouverts et en phase avec la respiration (3 paliers de relaxation à atteindre selon ses capacités : la relaxation physique externe ou relaxation posturale / la relaxation des muscles et des tendons : ouvrir les méridiens et le QI pour s’accumuler dans le Tan tien  / la relaxation du corps en profondeur : corps « transparent » permettant de guider le QI dans tout le corps et dans les organes internes (5 éléments) pour les équilibrer).

 

  • L’enracinement : en préalable il faut avoir le corps détendu et les articulations relâchées (légèrement pliées) ; être très stable et avoir un contact ferme avec le sol (toute la plante des pieds au sol). L’intention pour être enraciné consiste à se sentir un arbre avec des racines larges et profondes mais aussi à guider le QI vers les pieds en particulier sur les points Yong Quan (source bouillonnante qui permet au QI la communication avec la terre)C’est pourquoi tout le corps doit être enraciné (la tête et le dos droits, les coudes bas et détendus comme les hanches, les genoux et les chevilles) et en même temps centré (centrage physique et mental : calme, en paix, vide de pensées et léger)   

  • Réguler la respiration (profonde, complète) :

 

  •  Une respiration calme, harmonieuse et paisible : c’est-à-dire atteindre le stade d’une respiration profonde, fine, longue et douce. Pour cela, il faut réguler les émotions « calmes et neutres » et donc l’esprit/mental (calme et paisible). La respiration et le mental sont interdépendants (une respiration calme et uniforme va calmer le mental et inversement un mental détendu (ne penser à rien) contribue à atteindre une respiration profonde).

  • Une respiration profonde : mobilise le diaphragme (descendre et monter) et va masser les organes internes.

  • Les étapes de régulation de la respiration : dans tous les cas, les poumons ainsi que les muscles qui les entourent doivent être détendus :

    • Une respiration régulière et pas forcée : c’est-à-dire qu’il faut remplir les poumons au trois-quarts pour avoir une meilleure ventilation et pour éviter des tensions au niveau des poumons et des muscles.  

    •  Une respiration consciente : dans un premier temps : (soit la respiration en gonflant les poumons, soit la respiration bouddhiste, soit la respiration taoïste : à l’inspiration : remplir les reins ce qui fait descendre le diaphragme pour remplir les poumons et à l’expiration : gonfler le bas ventre sous le nombril ce qui fait monter le diaphragme pour vider les poumons)  

    • Une respiration complète : (de type méditative) c’est le niveau le plus élevé qui consiste à ne plus avoir besoin de la réguler c’est à dire que la régulation se fait naturellement sans avoir besoin d’y penser.

    • Une respiration méditative : totalement régulée et donc complète, elle va permettre au mental de guider le QI (une respiration non régulée entraîne une stagnation du QI notamment dans les poumons). Il est important de saisir que la respiration complète, le mental et le QI sont mutuellement liés et forment un tout, même s’il est nécessaire de les définir séparément dans un premier temps.

  • Les 8 mots clefs de la respiration : « calme, finesse, profondeur, longueur, continuité, uniformité, lenteur, douceur »    

 

  • Réguler le Yi et le SHEN (le mental/l’esprit) :

 

  • La difficulté est de cesser de penser pendant l’entraînement : « la pensée du non penser ». Le mental doit être détaché des préoccupations (passé/présent/avenir), des émotions, des influences de l’environnement proche afin d’atteindre un état de relaxation (certains se concentrent pour faire le vide ou faire cesser toute activité du cerveau).

  • Une fois cet état de relaxation atteint, il sera possible de sentir la circulation du QI dans le corps et les organes internes pour des pratiquants expérimentés, voire de réaliser des exercices en lien avec la théorie des 5 éléments (sentir les dysfonctionnements et les rééquilibrer selon les cycles).

  • Le mental relaxé permet également, toujours pour des pratiquants expérimentés, de placer l’attention sur le Tan tien inférieur (lieu de génération du QI), de sentir le QI et sa circulation dans le corps (le QI est comparé à de l’eau). Le mental, par son intention, guide le QI (pour cela le mental doit écouter le QI, le comprendre et le visualiser par une intention précise). L’entraînement au Qi GONG et/ou au TAI CHI CHUAN, à ce niveau, permet d’emmener le QI dans toutes les parties du corps et, certains auteurs l’affirment, à l’extérieur du corps (de grands maîtres montrent ce phénomène lors de la pratique du TUI SHOU cf. vidéo internet).

  • Il est essentiel de se rappeler qu’un mental fort (relaxé et maîtrisant des intentions) induit un QI fort. Ainsi pour les débutants, l’étape cruciale est d’apprendre à être calme pour ensuite décider (l’intention) et atteindre le but fixé (équilibre et /ou circulation du QI).

  • Le mental /esprit comprend à la fois le fait de ne penser à rien, mais aussi de savoir se concentrer sur une intention (YI) en lien avec son corps et son QI, dans un état (esprit : SHEN) maîtrisant la volonté, la patience, l’endurance en sachant le pourquoi et le comment de ce que l’on fait.

  • Pour les initiés le SHEN représente le cinquième et ultime repère, décrit comme l’énergie spirituelle et mentale située au Tan tien supérieur.

Le SHEN est aussi la vitalité et la conscience de la personne

Le SHEN fort permet d’apporter des capacités de concentration et de vitalité mais aussi de développer l’union intime de l’énergie mentale et du mouvement, la symbiose entre l’esprit et le corps.

La circulation du SHEN est similaire à celle du QI :  Le SHEN circule dans tous le corps et est parfois comparé à une vibration ou une vague d’énergie.  

« L’esprit (SHEN) organise, l’intention (YI) concentre les moyens et le souffle vital (QI) circule pour mettre le corps en action ».

 

  • Réguler le QI :

 

  • Il faut donc déjà avoir régulé les trois premiers repères (corps/respiration/mental). Pour les débutants il s’agit d’atteindre cet état de régulation par l’acquisition au fur et à mesure de la conscience de cette circulation du QI et de son équilibre. Il convient également de générer du QI si cela est nécessaire au niveau du Tan tien inférieur (vibration du QI comme un tambour : respiration taoïste).  

  • Le palier suivant est d’apprendre à harmoniser et à fluidifier les déplacements du QI c’est-à-dire sentir le QI dans tout le corps et par la suite dans les 3 Tan tien et les 5 éléments.

  • Le palier ultérieur concerne les initiés et commence par la pratique de la petite et la grande circulation pour ensuite expérimenter à l’aide du SHEN plusieurs étapes :

    • La condensation du QI : utilisée également en TAI CHI CHUAN ; elle consiste, après une maîtrise du QI dans le corps, à condenser le QI dans les os et la moëlle (exercices de visualisation du squelette : chaleur ou radiation dans les os jusqu’à la moëlle et les cellules).

    • La vibration du QI : le QI circule comme une vague, une vibration d’énergie (par la stimulation du QI et le faire vibrer comme un tambour par des exercices de respiration au Tan tien inférieur).

    • L’extension du QI : souvent réservée à certains experts et aux maîtres, il semble qu’il soit possible d’étendre le QI hors du corps par une intense concentration et des visualisations (le QI sort par les mains ou par le coup de pied ou de poing ou de coude … en TAI CHI CHUAN, le QI peut être étendu à la création d’une sphère d’énergie autour de soi ; ou par l’absorption du QI d’un adversaire et de répandre son propre QI sur celui-ci).

    • La circulation libre du QI : c’est la maîtrise des 5 repères et l’accession au stade de méditation où tout est régulé sans faire appel aux techniques nécessaires (QI GONG méditatif et TAI CHI CHUAN sous forme de méditation). 

 

 

  • Les principaux exercices de QI GONG pour la santé 

 

Il est important pour le débutant de ne pas trop se focaliser sur les bases

théoriques mais plutôt de les relire au fur et à mesure de son avancée

dans sa pratique afin de préciser ses objectifs et de mieux comprendre

son expérience.

C’est pourquoi, au début, il est préférable de pratiquer des QI GONG de

type externe même si pour la plupart ils ont aussi une approche interne.

 En général pour la respiration des QI GONG externe la règle est la suivante :

  • Inspirer : ramener ou replier les membres et guider le QI vers la colonne vertébrale (souvent au niveau du Tan tien inférieur).

  • Souffler : étendre les membres et emmener le QI vers les extrémités.


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Les principaux QI GONG enseignés sont représentés par :

 

  • Les 8 pièces de brocart : mouvement et relaxation

 

La version debout est la plus répandue. Cet enchaînement permet comme la plupart des QI GONG externes et prévention de la santé, de générer du QI dans les membres pour ensuite le faire s’écouler dans le tronc vers les organes mais également d’utiliser les mouvements des membres pour stimuler les muscles en particulier ceux qui entourent les organes internes afin d’accroître la circulation énergétique.

La pratique se fait avec une respiration abdominale calme, lente et uniforme, des mouvements relâchés et un mental relaxé sans penser .

La répétition de chaque mouvement est basée sur le cycle de 12 fois ou d’un multiple mais il ne faut omettre aucun des 8 mouvements. Il est préférable par manque de temps de faire un cycle de 6 fois ou 3 fois.

Les 8 mouvements :

(Il est judicieux de débuter l’entraînement par un temps debout, sans bouger, détendu et ne penser à rien)

  • 1 : double main vers le ciel, relever les talons, reposer les talons et pencher (vriller) le corps vers la droite puis vers la gauche et revenir au centre : réguler le QI en particulier le triple réchauffeur : poumon/digestion/élimination

  • 2 : tir à l’arc en posture du cavalier : renforcer les reins et la taille et accroître la circulation du QI dans ces 2 régions

  • 3 : la grue blanche déploie ces ailes : réguler la rate et l’estomac, développer la circulation du QI au niveau de la rate, de l’estomac et du foie et renforcer les muscles et tendons

  • 4 : pivoter la tête en regardant derrière (inspirer : tête vers le centre et concentrer le QI au Tan tien inférieur. Souffler : tête vers le côté et guider le QI du Tan tien inférieur jusqu’aux points extrêmes : Yong quan et Hui yin) selon 3 postures : mains le long du corps ; mains sur les reins ; mains devant le thorax, paumes vers le ciel : réguler les 5 organes (cœur ; foie ; rate ; poumons ; reins) et les 7 émotions (bonheur ; colère ; tristesse ; joie ; amour ; haine ; désir)

  • 5 : position cavalière ; mains appuyées sur genoux et pivoter la tête : équilibrer les éléments feu et métal (cœur/poumon)

  • 6 : pousser le ciel puis pencher en avant et étirer les pieds : renforcer les reins et fortifier les tendons voire le squelette

  • 7 : position du cavalier et coup de poing puis paume ouverte relevée, à droite et à gauche : se concentrer sur le mental avec l’intention de la puissance dans le poing puis la paume, cela permet d’accroître le flux du QI dans le corps et d’augmenter la force musculaire.

  • 8 : se lever sur la pointe des pieds selon 3 postures : mains le long du corps ; mains sur les reins ; mains devant le thorax, paumes vers le ciel : harmoniser la circulation du QI du sommet de la tête à la plante des pieds.

 

La vague et La marche des 5 animaux :

 

        La vague :

  •  l’apprentissage de la marche est basique : largeur entre les 2 pieds égale à la largeur des épaules, avancer un pied en arc de cercle en repassant par le centre ; pied avant ouvert de 10 à 20 ° environ ; 2/3 du poids sur la jambe avant ; déplacement horizontal par rapport au sol (sans remonter au passage d’une jambe sur l’autre) pieds à plat (comme si on cirait un parquet ou comme le coureur sur patins à glace) et jambes toujours légèrement pliées (hanches/genoux /chevilles relâchés).

Pour les initiés, le mouvement se fait à partir du lâcher des hanches, la colonne est l’axe de mobilité et le Tan tien inférieur est le centre de la mobilité.

  • Le mouvement des bras se compose d’un aller-retour des paumes des mains au niveau du nombril en ouvrant les bras d’un angle au maximum de 170° afin d’éviter tout blocage d’articulations (épaules /coudes).

  • La respiration est non forcée et selon 2 possibilités : inspiration au regroupement des paumes et expiration à l’ouverture des bras ou bien l’inverse. Il est préférable de pratiquer la respiration taoïste.

  • La mentalisation doit être simple pour les débutants : soit une boule d’énergie qui se contracte où se détend, soit tout autre chose comme par exemple une boule de caramel mou que l’on étire.

Dans une deuxième étape, la visualisation peut se baser sur une inspiration d’air pur et une expiration libérant toutes les impuretés.

  • La circulation du QI est activée par les mouvements, cependant pour les initiés le SHEN est à concentrer soit sur la circulation du QI dans tout le corps, soit sur son ressenti au Tan tien inférieur pour ensuite le diffuser dans tout le corps, voire dans une sphère autour de soi. Il est possible également de pratiquer d’autres exercices (petite ou grande circulation cf. réguler le QI).   

Une fois le mouvement maîtrisé, il est important de s’exercer selon les 5 repères énoncés précédemment.

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Serpent rouge

La marche des 5 animaux :

 

L’exercice reprend les bases présentées sur le QI GONG de la vague

à l’exception du mouvement des bras et également à l’exception du

mouvement des pieds pour le singe ; le serpent ; la grue.

 

 

  • Le tigre : les 2 mains griffent devant soi dans un cercle vertical et                                                                                                 se relancent dans un cercle oblique à droite puis à gauche.

 

  • L’ours : les 2 poings sont face à face distants (de la valeur de 3 poings)

                    dans un cercle horizontal des bras avec les coudes plus bas pour

                    un meilleur enracinement. La colonne vertébrale est l’axe de

                    rotation du mouvement avec le passage du poing jusqu’à l’épaule

                   opposée pour retourner dans l’autre sens en coordination avec la marche.

 

 

  •   Le singe : la marche est différente (seulement les pieds d’une demi-largeur) avec le pied arrière très stable (dans une position comme assis sur un tabouret haut et recevant tout le poids du corps) et le pied avant sur la pointe, très léger.  Pour avancer, il faut poser le pied avant (qui est sur la pointe) par le talon et passer l’autre pied devant sur la pointe. Un bras en protection main à hauteur des yeux et l’autre main à la hanche ; inverser les mains à chaque pas en tournant la tête ; le regard sur le côté ou en arrière.

 

  • Le serpent : la marche est un pas chassé avec poids sur la jambe avant (en avançant ouvrir la hanche puis regrouper le corps ; bassin de face). Pour les débutants ; les 2 mains font le geste du tireur à l’arc. Pour les initiés, c’est la coordination de 2 cercles verticaux opposés : image du signe infini en mathématique . Il convient d’ajouter un mouvement de petit cercle au niveau de chaque poignet en phase avec l’ensemble du mouvement.

 

  • La grue : la marche est un pas de type bagua (poids sur le pied arrière, l’autre pied en hauteur, genou levé et jambe pliée ; alors poser délicatement ce pied à 20 cm devant (demi-largeur) puis le faire glisser plus avant et passer le poids sur ce pied).Les bras font comme l’envol d’un oiseau Pour la coordination, le mouvement des bras peut être soit en phase avec les jambes ou soit inversé. Il faut imaginer un oiseau qui pêche au milieu d’une rivière et à contre-courant.

 

Il est important de réaliser l’ensemble des mouvements (quitte à en faire moins longtemps pour chaque animal) car chaque animal correspond à un élément et donc contribue à maintenir l’équilibre entre les 5 organes internes. Dans ce sens, la marche des 5 animaux fait partie des QI GONG ayant une action de prévention de la santé.

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  • Les mille mains sacrées :

 

Ce QI GONG s’appuie sur le recueil de l’énergie de l’univers afin de renforcer celle du corps. Cette technique permet d’accumuler l’énergie dans le Tan tien inférieur, de favoriser sa circulation et d’améliorer les fonctions du système neuro-hormonal.

Le corps est statique en position debout largeur entre les pieds et détendu Chaque mouvement se fait avec les 2 bras puis séparément bras droit et bras gauche sur un rythme de 6 fois minimum :

 

  • Bras levés devant soi (correspond au début de la forme YANG) (aspiration de l’énergie de la terre)

  • Bras sur le côté (lever niveau épaule) (capter l’énergie du ciel).

  • Bras à l’horizontal (paumes des mains vers le ciel, tendre les 2 bras puis ensuite les plier). 

  • Bras levés au-dessus de la tête, garder un temps en hauteur puis lâcher de chaque côté (6 fois) ; à la fin des mouvements ramener les mains devant soi au niveau de la gorge et serrer les 2 paumes.  

  • Paumes des mains rapprochées niveau gorge et ouvrir de façon horizontale (circulation du QI)

  • Mains l’une sur l’autre au niveau Tan tien inférieur et sur la base de 6 fois (accumulation du QI) : faire un mouvement vertical ; puis horizontal (les 2 mains /main droite et puis gauche) ; et en cercle dans un sens et dans l’autre ; regrouper les 2 mains pour mentaliser une boule d’énergie et la faire tourner verticalement dans un sens et dans l’autre.

  • Laisser les mains sur le Tan tien inférieur et passer plusieurs fois la langue sur les gencives dans un sens et dans l’autre, avaler la salive, puis claquer plusieurs fois les dents.

  • Ramener les mains paumes vers le visage puis les descendre tout le long du corps.

  • Revenir à la position de départ et sentir l’énergie circuler.

Pour un retour plus actif, il suffit de réaliser des percussions sur le corps avec les paumes des mains et/ou par frottements.

  • La posture de l’arbre :

 

  • QI GONG statique : posture debout, jambes écartées de la largeur des épaules, le corps détendu,les articulations légèrement pliées, les bras ouverts , les mains à hauteur des clavicules, paumes vers le Tan tien moyen, les coudes plus bas, la poitrine légèrement creusée et la colonne vertébrale droite

 

  • Intention : imaginer être un arbre avec ses racines les plus profondes sous les pieds (cf. réguler le corps, l’enracinement vu précédemment).

 

  • Mentalisation (SHEN) : 

  • Pour les débutants : à l’inspiration : remplir son corps d’air pur (énergie couleur blanche) et à l’expiration : souffler toutes les impuretés de son corps (énergie couleur foncée), il faut ensuite tendre vers une respiration consciente (cf : réguler la respiration). 

  • Pour les initiés : il faut pratiquer la respiration complète et des mentalisations pour la circulation du QI (petite et grande circulation et pour les experts les différentes étapes de la circulation du QI).           

 

La posture de l’arbre est pratiquée également dans les arts martiaux internes afin d’affiner la capacité et/ou la maîtrise de la circulation du QI notamment pour les frappes explosives « Fadjing » et les sorties d’énergie par les mains.

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Chercher l'erreur  ...

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Et là ?...

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Et là encore?...

  • La posture de l’arbre avec développement et déplacement du QI :  

 

En pratique martiale, une fois maîtrisée la grande circulation, il est envisageable de pratiquer les techniques de renforcement et le contrôle du QI comme par exemple :

  • Remplir le Tan tien inférieur de QI : par la respiration taoïste, concentrer le QI au Tan tien et le diffuser dans le corps.

  • Diffuser le QI : l’exercice consiste à diffuser le QI à l’extérieur du corps : à l’inspiration concentrer le QI et à l’expiration imaginer le QI se propager jusqu’à former une sphère autour de soi, le centre étant le Tan tien inférieur. Une fois cet exercice maîtrisé, le pratiquant expert peut sentir son corps transparent et devenir une bulle (qui se contracte à l’inspiration et qui s’agrandit à l’expiration).    

  • Transporter le QI : réservé à l’expert en art martial, celui-ci maîtrise la circulation du QI et peut concentrer le QI dans un endroit du corps (par exemple pour résister à un coup) et en particulier dans les paumes lors d’une attaque mais il peut également étendre le QI sur l’adversaire (les grands maîtres semblent réaliser cet exercice en TUI SHOU avec n’importe quelle partie du corps). Il existe plusieurs exercices d’entraînement :

  • Les bras en arc de cercle : horizontalement un cercle avec les bras, doigts face-à-face (environ 1 cm entre les doigts), paumes vers la gorge. Faire circuler l’énergie d’une main à l’autre.

  • Tenir une boule d’énergie : au niveau Tan tien inférieur, placer les mains comme pour tenir un ballon, paumes face-à-face et sentir la boule d’énergie entre les paumes. Par la suite, bouger les mains dans tous les sens possibles autour du ballon, déplacer le ballon devant soi (verticalement, horizontalement, en diagonale, en cercle, en spirale, en mouvement horizontal des paumes dans le sens opposé à partir des hanches …). Ensuite agrandir la boule d’énergie progressivement jusqu’à devenir une sphère autour de soi. Puis maintenir la boule d’énergie en pratiquant plusieurs mouvements comme par exemple les nuages, vol en diagonal, Peng/ lu/chi/an 

  • Etendre le QI : une fois maîtrisé les exercices de la boule d’énergie, il est souhaitable de poursuivre avec l’exercice qui consiste à sentir l’énergie se déplacer hors de son corps par les paumes ou selon le mouvement par l’avant-bras, le pied etc… Cet exercice peut se compléter par un enchaînement de techniques et de marches (mouvements inspirés de formes ou spontanés) tout en gardant la mentalisation (face à un adversaire imaginaire par exemple). Les initiés peuvent appliquer cette extension du QI notamment lors de l’enchaînement des formes de TAI CHI CHUAN ou d’un autre art martial interne.

 

Enfin un exercice concret permet d’évaluer sa progression par l’intention d’éteindre une bougie avec sa paume de main à distance : mentaliser que le QI permet de souffler la bougie.

 

Cependant les arts martiaux internes ont développé également leurs propres exercices de QI GONG dans le but en général de maîtriser la circulation du QI.

  • Le QI GONG inspiré d’une pratique du Liu Hé Bafa :

 

  • QI GONG dynamique : posture debout selon les mêmes repères que la posture de l’arbre à l’exception des bras et des mains qui se positionnent au niveau du Tan tien inférieur, paumes face à face  (comme si on tenait un ballon de type volley) ; la mentalisation est d’imaginer une boule d’énergie entre les mains (selon les mouvements la boule d’énergie s’agrandit et diffuse en fonction des directions) puis commence l’enchaînement, sur place, avec un mouvement à l’inspiration (I) et à l’expiration (E) :

  • Mobiliser une boule d’énergie :

               I : mettre les mains, niveau Tan tien inférieur, paumes face-à-face puis monter les mains niveau gorge en tenant un ballon imaginaire.

              E : redescendre les mains au niveau Tan tien inférieur, paumes face-à-face et tenir un ballon imaginaire

  • Développer la boule d’énergie :

               I : ouvrir les mains et les rapprocher puis les monter niveau tête, paumes vers le ciel

              E : décrire un grand cercle horizontal et remettre les paumes face-à-face puis redescendre à la position initiale.

  • Concentrer la boule d’énergie :

              I : monter les paumes face à face niveau gorge (tenir un ballon imaginaire)

             E : redescendre à la position initiale.

  • Mobiliser la boule d’énergie :

             I : dos des mains face à face niveau Tan tien, remonter niveau tête.

             E : tourner les mains pour former une boule en déplaçant les mains de façon horizontale (niveau tête) puis redescendre les mains niveau Tan tien inférieur, à la position initiale.

  • Disperser la boule d’énergie :

            À l’inspiration, il est possible de terminer les talons levés, poids sur les points Yong quan et à l’expiration de redescendre sur les pieds.

            I : tourner la boule ( sens inverse des aiguilles d'une montre avec la paume gauche au-dessus de la paume droite) puis écarter les bras pour les ouvrir.

            E : ouvrir les mains horizontalement (paumes vers l'extérieur, niveau épaule à 170° maximum)

Refaire le même mouvement avec la main droite au-dessus à l’inspiration ( sens des aiguilles d'une montre) puis :

            I : ramener la boule (niveau gorge, les paumes face à face)

            E : ouvrir les mains (niveau épaules) horizontalement et étendre les mains de chaque côté ; paumes vers le sol  

  • Diffuser le QI :

            I : ramener la boule (niveau gorge, les paumes face à face)

           E : descendre les mains vers le bas devant soi (niveau hanches) paumes vers le sol

Refaire les mêmes mouvements à l’inspiration en changeant le mouvement à l’expiration :

           E : descendre les mains sur les côtés, paumes vers le sol, en diagonale

           E : descendre les mains en poussant derrière le dos, (niveau hanches) paumes vers l’extérieur

           E : ouvrir les mains ( niveau épaules) horizontalement et étendre les mains de chaque côté ; paumes vers l’extérieur

           E : redescendre à la position initiale (mains face à face niveau Tan tien inférieur et tenant un ballon imaginaire)

  • Concentrer la boule d’énergie :

            I : ramener la boule (niveau gorge, les paumes face à face)

           E : descendre les mains vers le bas devant soi, niveau hanches, paumes vers le sol

  • Concentrer le QI :

           I : ramener les mains l’une sur l’autre, paumes vers soi (niveau Tan tien inférieur) et remonter au niveau du plexus

          E : redescendre les mains vers le bas  (niveau Tan tien inférieur)

Pour les initiés, il est possible d’associer des mentalisations plus complexes (grande circulation/ renforcement de la circulation du QI dans les 3 Tan tien / la condensation du QI )

Le QI GONG inspiré du Liu He Bafa est pratiqué en fin de nos séances de TAI CHI CHUAN et je propose souvent de poursuivre l’entraînement par deux autres QI GONG :

  • La purification des 3 foyers (Tan tien) : inspiré d’un QI GONG taoïste sur la prévention de la santé et de la longévité, l’entraînement consiste à purifier, stimuler, accroître l’énergie dans les 3 Tan tien pour une meilleure circulation du QI dans le corps et de sa régulation. Cette pratique est un nettoyage complet du corps.

 

  • Le mouvement : position de l’arbre (à l’exception des mains) placer les mains au niveau du Tan tien inférieur et les ouvrir horizontalement (à 170° maximum) en associant la respiration (inspiration : ramener les mains vers le Tan tien et expiration : écarter les mains). C’est à répéter 3 fois au minimum ou plus (multiples de 3) puis réaliser le mouvement au Tan tien moyen et ensuite au Tan tien supérieur.

                                 

  • La mentalisation :

    • Pour les débutants : inspirer de l’air pur et souffler toutes les impuretés du corps

    • Pour les initiés : associer une autre mentalisation, à l’inspiration absorber de l’énergie pure du ciel et de la terre, la concentrer au Tan tien et la diffuser dans tous le corps ; à l’expiration expulser toutes les énergies impures. 

    • Le pratiquant expert pourra sentir son corps « transparent » et devenir une bulle (qui se contracte à l’inspiration et qui s’agrandit à l’expiration)   

 

 

  • La posture de l’arbre : voir ci-dessus

En conclusion

 

L’apprentissage du QI GONG nécessite dans un premier temps l’assistance d’un instructeur (ou d’un professeur ou encore mieux d’un maître) afin de guider l’apprenti et d’éviter des erreurs comme par exemple la respiration « forcée ». L’entraînement assidu requiert à la fois une certaine dose d’humilité et beaucoup de persévérance.

 L’entraînement au QI GONG fait partie de l’activité des arts martiaux internes. Pour cela, les initiés s’exercent régulièrement afin de parvenir à une pratique où chaque forme correspond à un seul mouvement continu de QI GONG selon les 5 repères établis.

Enfin, la pratique conjointe du QI GONG et d’un art martial interne permet une progression lucide de cette approche de l’énergie interne : le QI ; notamment à travers les applications martiales à deux et l’expérience du TUI SHOU qui confronte les pratiquants au principe de réalité.

 

 

 

 

REMERCIEMENTS :

               Merci à la relecture constructive de ce texte par le groupe de pratiquants expérimentés : Dominique et Jean-Yves Bansard ; Nathalie Plantard ; Monique Ropert ; Georges Collet

 

 

 

 

 

Bibliographie :

  • Taiji Quan « art martial interne de la famille Chen par T. Dufresne & J. Nguyen édition BUDOSTORE

  • ENERGIE INTERNE « principes et théorie du Chi du Jing par Dr Yang Jwing-Ming BODO édition

  • CHI KUNG PRATIQUE MARTIALE ET SANTE par Dr Yang Jwing-Ming BODO édition BUDOSTORE

  • TAICHI-CHUAN SUPERIEUR le style Yang « enseignement approfondi de la forme classique par Dr Yang Jwing-Ming BUDO édition

  • 8 EXERCICES SIMPLES DE QI GONG POUR VOTRE SANTE « les huit pièces de brocart » par Dr Yang Jwing-Ming BUDO édition

  • LE TAI CHI CHUAN « secret de l’énergie vitale par CHANG DSU YAO et ROBERTO FASSI édition DE VECCHI

  • ZEN le guide complet QI GONG « 5 enchaînements traditionnels 43 exercices énergétiques » par Sophie Godard édition ESI